Tokyo : le Quartier d’Asakusa

Notre voyage au Japon aura duré 15 jours. Par choix mais aussi par ce que c’était le conseil d’amis japonais, nous nous sommes concentrées sur Tokyo et ne nous sommes aventurées en dehors que lors d’une escapade au Mont Fuji et au musée Ghibli.

Personnellement, j’avais bien l’intention de retourner dans ce pays dès que j’en aurais l’occasion. Alors il ne m’a pas été difficile de décider que ce voyage se consacrerait principalement à Tokyo. La capitale nippone est 5 fois plus grande que Paris. Ça vous laisse un peu supposer du nombre de choses à voir et à faire. Mes amis japonais étaient tous catégoriques. Outre le fait qu’un voyage en plusieurs étapes coûterait nettement plus cher, Tokyo vaut la peine qu’on lui accorde le temps nécessaire à la visiter correctement. Et encore, nous n’avons pas tout vu, évidemment.

Kaminarimon - Porte du Tonnerre
Kaminarimon – Porte du Tonnerre

Tome 3 récit de voyage
Japon Asakusa

Le quartier d’Asakusa est l’un des lieux qu’il faut obligatoirement visiter.

Asakusa abrite, presque intact, l’esprit du « Vieil Edo » (Edo étant l’ancien nom de la ville). Vous y trouverez de nombreux temples un peu partout, une grande quantité de magasins car c’est évidemment un quartier très touristique, que ce soit pour les étrangers ou les japonais eux-mêmes.

Le lieu le plus emblématique d’Asakusa, que vous avez sans doute déjà vu sur le web, et l’Asakusa Kannon, connu également sous le nom de Sensoji Temple.

Bon plan ! Juste en face de l'entrée de la Nakamise Dori vous trouverez un haut immeuble. Vous pouvez vous rendre au dernier étage pour une vue imprenable !
Bon plan ! Juste en face de l’entrée de la Nakamise Dori vous trouverez un haut immeuble.
Vous pouvez vous rendre au dernier étage pour une vue imprenable !

Cet incroyable endroit débute depuis la Porte du Tonnerre, Kaminarimon en japonais, se poursuit par la Nakamise Dori, une rue commerçante le long de laquelle s’étendent des centaines de petites boutiques, jusqu’à la Porte Hozomon, la Porte de la Maison du Trésor, qui conclut ces étales de souvenirs.

Derrière elle, s’étend l’Asakusa Kannon dans toute sa splendeur. Si vous en avez l’occasion, je vous conseille d’aller voir les portes et le temple de jour et de nuit. Les lumières sont différentes (jusqu’ici je suis d’une logique imparable n’est-il pas ?) et il vaut vraiment le coup de voir les lieux sous ces deux différentes ambiances.

Pour vous rendre dans ce quartier, si vous n’avez pas la chance de pouvoir y aller à pieds comme c’était notre cas (notre hôtel n’était qu’à une quinzaine de minutes de marche), il vous faudra emprunter le métro A (Asakusa) ou le G (Ginza), respectivement les lignes rouge et orange. L’arrêt porte le nom du quartier.

Une journée improbable

Il faut vraiment que je vous raconte la première journée que nous avons passée à Asakusa. Car comme nous avons éprouvé une affection particulière pour cet endroit, nous y sommes revenues plusieurs fois quand nous avions des trous de planning. Cette journée a été improbable, incroyable et riche en rencontres dès lors que nous avons posé un orteil en dehors de l’hôtel.

1ère étape de notre improbable journée : rencontre avec un français

Tout a commencé par un français dont nous avons fait la connaissance dans la rue de notre hôtel. Amoureux du Japon, il est coutumier de ce pays où il se rend dès qu’il le peut.

A croire que le français a des antennes lorsqu’il s’agit de ses compatriotes, car alors que nous marchions tranquillement sans avoir formulé le moindre mot, il s’est avancé vers nous en nous demandant si nous étions françaises directement dans notre langue. Nous avons papoté quelques temps et il a gentiment proposé de nous accompagner jusqu’à Asakusa alors que c’était à l’opposé de l’endroit où il se rendait…

Sur le chemin il nous a prodigué quelques conseils, nous a conté certaines de ses aventures. Il nous a conseillé de ne pas faire d’achats dans la Nakamise Dori car les prix pratiqués étaient plus chers que dans les rues jouxtant l’Asakusa Kannon. L’avenir nous démontra que ça n’était pas forcément juste… car (croyez en une obsédée du shopping) nous nous sommes aventurées dans un nombre incalculable de petites rues aux alentours, et les prix ne sont pas plus chers dans la rue qui lie les deux imposantes portes qu’à côté.

Il nous a laissées devant la Porte du Tonnerre en nous adressant un sourire et en nous souhaitant bon voyage. C’est cela aussi le Japon. On fait des rencontres qui perdurent dans le temps, mais on fait aussi la connaissance de personnes l’espace de quelques minutes, on est heureux d’être ensemble, mais l’on se quitte sans plus d’ambages le moment venu.

Quand vous irez à Asakusa, préparez-vous, il y a un monde fou ! C’est aussi un lieu central de visite pour les japonais, alors entre nous pauvres touristes, et l’autochtone, je peux vous dire que vous allez marcher au ralenti jusqu’à l’Asakusa Kannon.

Seconde étape de notre improbable journée : rencontre avec un papy japonais

Après avoir dégusté des Takoyakis (si vous ne savez pas ce que c’est, je vous invite à vous diriger vers Les Takoyakis / Spécialité culinaire japonaise) et un granité fort bienvenu avec le petit 42° ambiant, nous nous sommes légèrement écartées de la Nakamise Dori, vers l’un des temples qui jouxte l’immense rue et le temple Sensoji.

Un papy absolument incroyable nous a abordées ! Assez âgé, ses prunelles presque aveugles couvertes d’une fine pellicule blanche opaque, le dos voûté par les années, crâne rasé.

D’une gentillesse admirable, il m’a tapé la causette dans un anglais impeccable pendant au moins un bon quart d’heure. Il n’a eu de cesse de m’expliquer ce qu’il ne fallait absolument pas que nous rations, pourquoi il y avait autant de monde en ce moment, pourquoi c’était justement le bon moment pour aller visiter x ou y endroits…

Troisième étape de notre improbable journée : rencontre avec un tenancier de bar

Et puis se fut la rencontre avec Azuma-san. Azuma… un personnage haut en couleur et d’une gentillesse vraiment touchante. Nous commencions à être sérieusement sur les rotules, entre la chaleur et la marche. Pourtant il n’était pas plus de 13h ou 14h. Vous le verrez, si vous allez dans un pays aussi humide que l’est le Japon, un taux élevé d’humidité ça fatigue vite son français ! Sans parler de la chaleur et du soleil qui cogne dur.

Nous nous sommes donc volontairement égarées dans des petites rues aux alentours et sommes tombées sur un petit bar restaurant. D’un commun accord, une halte thé glacée s’imposait. Nous avons donc poussé la porte de verre et en sommes ressorties près de 2h après !

Si vous souhaitez faire un brin de causette avec Azuma, c'est ici ! Je suis par contre incapable de vous donner l'adresse ! C'est une petite rue non loin de l'Asakusa Kannon. Il va falloir vous perdre pour la retrouver ! (paradoxe)
Si vous souhaitez faire un brin de causette avec Azuma, c’est ici !
Je suis par contre incapable de vous donner l’adresse ! C’est une petite rue non loin de l’Asakusa Kannon.
Il va falloir vous perdre pour la retrouver ! (paradoxe)

Azuma, le patron du bar restaurant, est un être comme on aime à en rencontrer. Japonais d’environ une soixantaine d’années, il ne parle pas un mot d’anglais, mais est d’une gentillesse presque confondante. Nous étions seules dans le bar, en compagnie d’un autre homme japonais aux environs de la quarantaine (mais qui n’en paraissait pas plus de 30 !).

Il parlait un peu anglais, c’est donc dans cette langue et avec mon baragouinage en japonais, que nous avons réussi à communiquer. Azuma nous a rapidement prises en affection et a entrepris de nous faire goûter un nombre improbable de mets différents. Je serais bien en peine de vous dire combien d’assiettes il a mises sur la table, mais nous devons facilement frôler la bonne quinzaine…

Sans compter qu’il a envoyé sa femme nous chercher des spécialités dans les magasins d’à côté par deux fois. Et il a refusé en bloc que nous payions quoi que ce soit… Il va de soi que j’étais atrocement gênée. Ils nous ont accordé beaucoup de leur temps, nous avons beaucoup ri, sans forcément parvenir à nous comprendre vraiment parfois. C’est un merveilleux souvenir et de très belles rencontres.

Quatrième étape de notre improbable journée : rencontre avec une mère et sa fille

Lorsque nous sortons du bar d’Azuma, nous ressentons un savant mélange de joie et de surprise. Décidément, cette journée enchainait les surprises sans aucune trêve, pour notre plus grand plaisir, cela va de soi. Il n’a pas fallu 500 mètres de plus pour achever cette journée dans un feu d’artifice. Dans une grande rue bordant la plus petite de la taverne d’Azuma-san, nous sommes tombées sur ce qui ressemblait à un théâtre. Je serais bien incapable de vous donner le nom, car tout était inscrit en idéogrammes…

La seule chose qui nous a permis de comprendre qu’il s’agissait d’un lieu de spectacle, ce sont les affiches collées un peu partout. Y figurait un homme déguisé en femme. Mais façon japonaise. Ce grimage ne ridiculise ni l’homme, ni la femme. Mon amie a même pensé que c’était vraiment une femme sur le moment. Mais comme j’ai plus l’habitude qu’elle, je lui ai confirmé que non non, il s’agit bien d’un homme !

Asakusa
Asakusa

Nous sommes restées ainsi quelques minutes, nous demandant ce que pouvait bien être cet endroit, passant d’une idée à l’autre sans avoir de certitudes. Jusqu’à ce qu’une dame nous aborde, tout à notre observation des lieux que nous étions. Une maman et sa fille qui ne parlaient absolument pas anglais. Alors sur ce coup là, moi et mes superbes 5 mots et demi de japonais, nous n’en ramenions pas large. Cependant je comprends qu’elle nous indique le théâtre avec entrain, en clamant que c’est amusant. Nous la remercions pour ses conseils et elles s’en vont toutes deux.

Nous restons quelques secondes de plus devant le théâtre, assez circonspectes sur ce qu’il convenait de faire. Il faut savoir qu’un spectacle asiatique dure en général très longtemps. 3h, 4h, voire plus parfois. Nous étions donc en plein dans nos peaux de touristes, à nous demander s’il fallait y aller ou non, combien ça coûtait, si nous allions rester bloqué 3h, et autres idées du même acabit.

Au bout de quelques brèves minutes, la maman et sa fille sont revenues vers nous alors que nous les pensions parties. La maman m’a prise par la main et m’a entraînée très gentiment vers le théâtre en me répétant que c’est super. La jeune fille souriait d’un air amusé. Et là… elle nous achète des billets pour le spectacle…! J’étais au comble de l’horreur et en même temps extrêmement touchée par leurs attentions. Azuma, maintenant elles, et cela à 10 petites minutes d’intervalle. J’ai bien essayé de payer mais c’était hors de question pour elle. Peut être ont-elles pensé que nous n’osions pas franchir les portes du théâtre (ce qui n’était pas tout à fait faux) et que les touristes avaient besoin d’un petit coup de pouce. Maman-san a pris les choses en main. Elle a acheté nos billets et nous a amenées en salle jusqu’à nos sièges respectifs. Là elles nous ont fait de grands sourires, dit au revoir et sont reparties.

Nous nous sommes regardées d’un air un peu abasourdi. Bon bah maintenant qu’on y est ! La salle de spectacle était en amphithéâtre, pas forcément très grande mais elle devait facilement accueillir 300 ou 400 personnes. Nous jetons des regards de part et d’autres de nos nouveaux copains d’aventure. Il y a vraiment de tous les âges et ils ont tous amené une grande quantité de choses à boire et à manger. Je jette un bref coup d’œil vers mon amie et nous nous confirmons d’un hochement de tête que le dit spectacle va être long ! Et voilà nos deux copines qui reviennent… après avoir pourtant pris congé par deux fois. Elles nous ont acheté des boissons qu’elles nous remettent toujours en souriant. La maman m’explique, d’après ce que j’en comprends du moins, que le spectacle dure 3h (qu’est-ce que j’avais dit !) mais qu’il n’y a pas de problème et que dès que nous commençons à nous endormir (véridique…) il ne faut pas hésiter à partir ! J’étais écroulée de rire, cela va sans dire, et sa fille semblait toute aussi amusée que moi.

Nous voilà donc parties pour un spectacle en plusieurs parties. La première était de la danse (voir vidéo ci-dessus). Nous avions effectivement pas mal d’hommes habillés en femme, mais aussi des femmes, qui dansaient en kimonos traditionnels avec des éventails, des branches de cerisiers. C’était très joli et en même temps ça avait un petit côté burlesque sans être ridicule, qui était vraiment chouette.

Puis c’est l’entracte. Nous restons d’un commun accord, car si tout le spectacle est comme ça, c’est plutôt chouette et divertissant. Quand le noir se fait de nouveau, nous comprenons bien vite que nous nous sommes plantées !

La seconde partie du spectacle n’est autre qu’une pièce de théâtre traditionnelle qui semblait se dérouler en période Edo. C’est assez difficile d’en être sûre, mais entre les costumes et les décors vraiment magnifiques, l’histoire de samouraïs et de rônins (pour ce que j’en ai compris) laissent à penser que nous traversions cette période de l’histoire japonaise. C’était vraiment beau… mais le problème c’est qu’une pièce entièrement en japonais ça finit par être un tantinet longué quand même ! Au bout d’une heure et demie nous tanguions un peu sur nos sièges, je dois l’avouer. Mais visuellement, vous en jugerez par vous même, je ne regrette rien.

Nous avons pris congé de nos gentilles japonaises en les remerciant mille fois de leur bonté à notre égard. Lorsque nous avons poussé les portes du théâtre, la nuit noire s’était installée au dehors. Et tout comme notre première rencontre de la journée, nous ne reverrons sans doute jamais cette dame et sa fille qui nous ont pourtant consacré de leur temps et de leur argent avec une empathie qui m’a profondément touchée.

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