G’nee and her Kings / L’Interview

 

G'nee crédit G'nee and her Kings
G’nee crédit G’nee and her Kings

G’nee and her Kings

En avril je vous faisais découvrir un groupe québécois aux influences électro/rock : G’nee and her Kings ( Musique / G’nee and her kings – Electro / Pop / Rock ).

A l’occasion de la sortie de leur 1er EP (maxi pour les français 😉 ) les deux musiciens, Damien (guitare) et Yoann (guitare, basse, claviers), ont gentiment accepté de répondre à mes plus que nombreuses questions rien que pour vous ! (elle est pas belle la vie !)

La chanteuse G’nee devait également être de la partie, mais la pauvre étant clouée au lit par une vilaine maladie, je lui souhaite un prompt et serein rétablissement afin qu’elle puisse de nouveau faire vibrer vos petits cœurs (et le mien par la même occasion !) de sa belle voix.

G'nee crédit G'nee and her Kings
G’nee crédit G’nee and her Kings

Damien & Yoann / L’Interview

Cet EP est votre 1er album.

Yoann : L’EP nous a pris environ 1 an, 1 an et demi. Il était prévu de sortir un disque à un moment donné et on a pris la décision de le faire en décembre 2010. A ce moment là on avait deux chansons déjà pratiquement composées : « Sinking ship » dont les arrangements étaient déjà faits, et « Believe » que G’nee avait déjà composé depuis longtemps. On a simplement refait les arrangements afin qu’ils collent à notre style. « f.y.I » s’est fait vers mars et on a achevé l’EP en juillet 2011.

Vos chansons ont presque chacune leur univers propre. Est-ce un choix ou cela s’est-il produit un peu au hasard de l’inspiration ?

Damien crédit G'nee and her Kings
Damien crédit G’nee and her Kings

Yoann : Il est assez difficile de répondre à cette question. C’est vrai que la base de ce qu’on fait c’est vraiment de la musique aux tendances électronique et rock, on s’inspire d’influences assez directes. Ce mélange de styles permet de développer un univers musical assez vaste. Je ne peux parler pour les autres mais en ce qui me concerne j’aime à voir les musiques et les morceaux que nous créons comme des messages, c’est ce que la musique fait de mieux. C’est vraiment important pour moi de transmettre ces messages. Ce que j’aime le plus c’est quand les paroles, les choix des différents sons, de production… fournissent un univers qui est cohérent avec le message. Si tu écoutes « Be my daddy » (ndla : 1er morceaux de l’album), c’est assez léger, très axé sur la séduction entre deux personnes. Je trouve que musicalement ça reflète bien l’état d’esprit de la chanson.

« f.y.I » c’est éveiller la conscience, c’est plus agressif, plus sérieux que « Be my daddy ». « Believe » elle, porte un message d’espoir. L’arrangement permet de retrouver un univers propre à chaque message.

Une anecdote sur les endroits ou les situations qui ont provoqué l’inspiration de certaines paroles ou mélodies ?

Yoann : Il y a une histoire derrière « Be my daddy »… mais ça c’est à voir avec G’nee ! (ndla : la suite au prochain épisode donc 😉 )

Avez-vous fait appel à des artistes extérieurs pour créer cet EP ?

Yoann : Presque tout l’album s’est fait au sein du groupe, à part « Sinking ship » où on a fait appel à une amie de G’nee, Béatrice Cornet Guillaume, pour les chœurs. Egalement, c’est une connaissance de G’nee, Colin Muir Dorward, qui s’est occupé des arrangements de « How much ».

Parlez-nous de votre producteur.

Yoann : En parallèle du groupe, je fais partie d’une équipe de production, c’est moi qui me suis donc occupé de cette partie.

Damien : La production comme on l’entend c’est juste la production du son, on n’a pas de producteur officiel qui nous distribue.

Avez-vous des pistes quant à un organisme ou un manager qui pourrait vous produire et vous distribuer ?

Yoann : On n’a pas vraiment de piste sur un distributeur en particulier, on fait appel à des gens pour la promotion mais on n’a pas vraiment l’envie d’être signés. A notre époque on peut se gérer en tant qu’artistes indépendants. Pour réussir à percer on n’a pas nécessairement besoin de passer par une approche classique. On est libres de nos choix musicaux et promotionnels. Pour les concerts aussi, on reste libres.

Damien : Les managers veulent avoir la main mise sur tous les projets et ça nous coupe toute indépendance artistique. Passer par la voie de l’indépendance c’est plus long, ça demande plus d’investissement mais on est libre.

Vous pensez aux USA et à l’Europe. Être sous l’égide d’un Label vous faciliterait la tâche…

Yoann : Oui ça serait plus simple, on n’aurait pas besoin de s’occuper de certaines choses…

Damien : Je me demande si c’est vraiment plus simple… On est en connexion avec le collectif Pasa Musik, la personne qui s’occupe de ça a beaucoup de contacts. Mais on est encore dans un processus « d’approche » avec ce collectif.

Yohann crédit G'nee and her Kings
Yohann crédit G’nee and her Kings

Il y a eu des changements au sein du groupe depuis sa création…

Damien : Yoann et G’nee travaillent ensemble depuis 2 ans, moi depuis 9 mois.

On a essayé différentes formations, on a toujours voulu aller vers quelque chose de très électronique et rock. En terme de son on n’arrivait pas à obtenir cela avec la formation qu’on avait. C’est la raison qui nous a poussés à faire ces changements. Actuellement nous sommes à la recherche d’un batteur et d’un bassiste pour compléter notre composition actuelle.

Et ces auditions… ?

Damien : On a commencé aujourd’hui ! On va essayer avec plusieurs personnes mais c’est un projet qui demande musicalement beaucoup de travail à cause de l’electro. Techniquement il faut être assez carré.

Yoann : Oui et c’est pour cette raison que l’on va rencontrer plusieurs musiciens avant de faire un choix.

Quelles sont vos influences, les artistes qui vous inspirent.

Yoann : C’est tellement large… mais pour réduire à quelques artistes ça va des groupes comme Moloko (ndla : duo de musique électronique/rock/pop/trip-hop, formé du DJ Mark Brydon et de Róisín Murphy au chant) à du rock alternatif comme Radiohead, Nine inch nails… Au centre de ce qu’on fait c’est vraiment les influences de Moloko, Nine inch nails, Portishead pour certains.

On écoute beaucoup de choses, c’est dur de donner une véritable direction, c’est plus large que ça. Skunk anansie (ndla : rock alternatif britannique) m’inspire beaucoup. Ce sont des influences qu’on cite mais ça n’est jamais un processus conscient, plus un résultat de plusieurs années à les écouter qui vient naturellement quand on compose et écrit.

Où peut-on se procurer votre EP ?

Yoann : Pour l’instant on peut se le procurer sur i-tunes, sur notre site (ndla : voir toutes les infos à la fin de l’interview), sur des sites comme Amazone mp3. Actuellement on reste sur la plateforme web. Mais on envisage de sortir un album d’une quinzaine de morceaux d’ici un à deux ans. A ce moment là on espère pouvoir le distribuer physiquement, en tous cas ici au Québec.

Vous êtes actuellement sur la promo de votre EP ?

Damien : On bosse beaucoup sur l’EP avec pas mal de concerts, mais on travaille toujours en parallèle sur de nouveaux morceaux. On a pas mal de choses qui arrivent mais on fait ça par phases. Ça nous demande pas mal de boulot pour se faire connaître ici, c’est encore loin mais on travaille dessus. D’autres instrumentistes vont arriver, on va élargir le groupe dans cette direction.

Le planning pour les prochains mois ?

Damien : Pour le moment on sort d’une tournée à Montréal avec le collectif Pasa Musik et trois autres artistes. On va s’accorder deux mois de remise en forme avec nos musiciens et afin de préparer les auditions de notre nouvelle formation.

Yoann : Le mois dernier on a fait pas mal de concerts, là on est dans la phase d’intégrer de nouveaux membres. Depuis cet été on joue en live sans batteur, c’est intéressant mais on essaie maintenant d’intégrer un batteur et un bassiste.

Les prochains concerts sont prévus au Canada ? Des dates à annoncer ?

Damien : Au départ on va rester en région oui. Pour l’Europe et les USA c’est en devenir. On en parle beaucoup mais on veut préparer un bon show à présenter. Nous n’avons pas encore de dates prévues, généralement ça se décide à la dernière minute. Depuis que j’ai intégré le groupe les concerts s’enchainent.

Yoann : On a de temps en temps des dates prévues, mais là on est dans une phase transitoire. Avant de se risquer à faire une formation qu’on ne connait pas, on ne prévoira pas de concert d’ici que les nouveaux membres ne soient parfaitement intégrés au groupe.

Arrivez-vous à vivre de votre musique actuellement ?

Damien : C’est difficile, on est tous dans le même cas. On essaye, on pousse mais en attendant il faut bien se débrouiller à côté. Mais on passe beaucoup de temps à faire de la musique et à travailler nos morceaux. L’idée c’est bien sûr de manger, faire de la musique et payer son loyer !

G'nee and her kings - Crédit Alex Paillon
G’nee and her kings – Crédit Alex Paillon

Dans la tête d’un artiste

La salle de concert dans laquelle tu rêverais de te produire

Damien : Il y a plein d’endroits ! Mais j’adorerais jouer à Londres ! Il y a un mouvement musical vraiment intéressant. Dans l’electro/rock un peu pop, il y a vraiment quelque chose qui se passe là bas.

Yoann : Le festival de Montreux (ndla : festival de musique Jazz en Suisse). Il y a tellement d’artistes que j’aime tant et d’innombrables concerts. D’incroyables artistes s’y sont produits.

L’artiste avec lequel tu aimerais travailler

Yoann : C’est un rêve incroyable mais j’aimerais travailler avec Björk. J’ai lu sa biographie et elle a l’air de quelqu’un de vraiment intéressant, pas juste artistiquement, ce qu’elle a vécu, sa relation avec la musique…

Damien : Je suis assez d’accord avec lui (rires) j’aime beaucoup Björk aussi !

Le dernier cd que vous ayez acheté 

Damien : Moi c’était Noir Désir !

Yoann : Vélociraptor de Kasabian, un groupe anglais de rock alternatif. Ils ont une excellente formation, j’aime beaucoup ce qu’ils font. Ils sont en train de prendre de l’ampleur.

Thé, café ou chocolat ?

Damien : Café !

Yoann : Thé (ndla : ce qui a bien fait rire Damien, allez savoir pourquoi ! 😉 )

Damien toi tu es français. Comment as-tu atterri au Québec ? 

Assez simplement, le PVT (ndla : un programme France/Canada pour les moins de 30 ans), te permet d’avoir un visa de travail pendant un an. C’est assez simple, j’ai tenté le coup et j’avais envie de venir ici. Ça fait un an jour pour jour.

Comment es-tu entré dans le groupe G’nee and her kings ?

J’ai fait beaucoup d’annonces et je suis tombé sur la leur. Ils cherchaient un guitariste. Ça ne s’est pas fait tout de suite. On a eu des contacts, j’ai fait une audition et puis le reste est venu naturellement.

Yoann et toi ?

Moi je viens de la Guadeloupe, G’nee est originaire d’Haïti. Elle a vécu longtemps ici, plus de 15 ans, elle a grandi à New-York. Moi ça fait 6 ans que je suis arrivé à Montréal. 

Parlez-nous un peu de Felician, le 3ème musicien du groupe.  

Yoann : Lui il est québécois. Il est arrivé un peu après moi. Au début ça n’était pas sûr que ce soit un groupe, ça aurait pu être un duo. Mais on (ndla : G’nee et Yoann) s’est dit que c’était une aventure différente, plus conviviale, de créer un groupe. C’est plus riche qu’un duo. Il connaissait G’nee depuis quelques années, deux mois après la création officielle du groupe il nous a rejoints.

Damien : C’est un grand instrumentiste qui joue de nombreux instruments. C’est très intéressant pour le groupe. Çà n’est pas commun d’avoir de la flûte dans de l’électro ! C’est assez étonnant, ça apporte beaucoup.

Damien, si tu devais décrire tes compagnons en un seul mot ?

G’nee – Performeuse. C’est une femme de scène, elle est incroyable.

Felician – Inventif. Il est très créatif et nous fait souvent des propositions de nouveaux instruments atypiques.

Yoann – Sureté-tranquille. Il est sûr au niveau scénique, il est travailleur, y a rien à dire.

Yoann, même exercice !

G’nee – Ouragan ! Mais pas du tout au sens destructeur. Un ouragan chaleureux, débordant d’énergie positive.

Felician – Surprenant. Il est musicalement courageux ! Il y a beaucoup de monde qui joue de plusieurs instruments mais c’est quelqu’un qui ose jouer sur des instruments vraiment originaux.

Damien – Ouverture. On partage beaucoup de blagues, que ce soit sur scène ou entre amis, il n’est pas un bouffon qui ne raconte que des bêtises ! (rires)

Un message pour vos fans français ?

Damien : Invitez nous ! On veut jouer en Europe vite ! (rires)

Le mot de la fin ?

Damien : Que ça continue dans cette dynamique ! Depuis que je suis arrivé on a vraiment beaucoup travaillé. Que ça continue, qu’on évolue, qu’on grandisse dans un bon esprit. Que ça ne s’arrête pas tout ça !!

Yoann : Pareil ! En ce qui me concerne ça n’est pas compliqué de continuer avec des gens aussi sympas et avec qui on s’entend bien. Je suis d’accord avec ce qu’il dit !

Un extrait de leur album avec « Be my daddy« 

 

 

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