Entre rêve et réalité ¤ Chapitre 5

Kyoto, quartier de Gion ©aHina
Kyoto, quartier de Gion ©aHina

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¤ Chapitre 5 ¤

 

Étrangement, j’étais complètement paniquée à l’idée de rater quoi que ce soit à Kyoto. Bizarre non…?
Je me créais tant de films, tant de mythes, tant d’histoires autour de cette ville, que je craignais réellement de passer à côté de quelque chose, de louper la marche qu’il ne fallait surtout pas manquer… Alors j’ai prévu 10 jours sur place. Mais en définitive… ces dix jours auraient été sans doute géniaux si j’avais été accompagnée, mais seule c’était un peu trop. Car si il y a bien une chose que j’ai apprise pendant ce voyage, c’est qu’aussi indépendante et solitaire je puisse être parfois, j’ai mes limites. Partager ce que je ressentais, échanger sur ce que j’avais sous les yeux, vivre l’instant avec l’autre… tout cela m’a vraiment manqué. Trois semaines au total au Japon, c’était définitivement trop long.

Mais qu’à cela ne tienne, ô grand jamais je ne regretterai ce voyage mais cela m’a servi d’expérience.

Kyoto est une ville assez étonnante. Je me la figurais presque comme une ancienne métropole médiévale, avec ses maisons de bois et ses ruelles pavés.
Alors si une grande partie de la ville est effectivement ainsi, notamment le quartier de Gion (celui de nos irrésistibles « Geisha »), l’autre partie est constituée d’immeubles tout ce qu’il y a de plus banale. Manque de chance, c’est cette première vision que j’ai eu sous les yeux. Et alors que je balayais les alentours du regard, je n’ai pu m’empêcher de ressentir une pointe de déception face à ce constat.

Ma première déception au Japon. C’était la première (et seule) fois où je ressentais vraiment un peu de dépit. Mais quelque part c’était bien fait pour moi. Il réside toujours un risque de se monter la tête en carafe sur X ou Y sujet. Car lorsque l’on se retrouve face à la réalité, la chute (ou le mur, à vous de voir vers quel choc va votre préférence) peut être plutôt rude.
Bon, je vous rassure hein, je ne l’ai pas non plus vécu comme une tragédie et Kyoto vaut vraiment la peine d’être visitée, sans la plus petite tergiversation.

Toujours est-il qu’une partie des rues de la ville est du type ruelle (pour mon plus grand plaisir, je déteste les grandes rues) et, en une rectitude toute japonaise, se déploie et se croise à la parallèle et perpendiculaire. Oubliez les rues en diagonale, ça fait désordre !

Première étape, le Nijô Castle qui, par un heureux hasard, se trouve juste à côté de l’auberge dans laquelle je réside. Construit en 1603 par TOKUGAWA Ieyasu, l’un des Shoguns les plus célèbres de l’archipel (on ne compte plus les fictions, films, romans et autres créations liés à ce personnage historique), ce château encore en très bon état possède une particularité assez singulière : le plancher rossignol.

Légèrement paranoïaque sur les bords (et avec raison il faut quand même le reconnaître…) le Shogun redoutait les ninjas et les assassins qui pourraient mettre un terme prématuré à sa gloire. Ainsi a-t-il demandé à des artisans très habiles de lui créer un parquet bien spécifique. Le moindre pas, même sur la pointe des pieds, même en marchant avec une extrême lenteur et même si vous êtes un poids plume, provoque un grincement qui ressemble à s’y méprendre au pépiement d’un oiseau.

Ce procédé permettait de détecter toute intrusion, les couloirs du château étant faits de ce plancher rossignol. Pour avoir marché dessus, j’avoue que c’est assez impressionnant. Et si vous êtes plusieurs, vous aurez vraiment l’impression que des dizaines d’oiseaux invisibles sont perchés non loin de vous et vous épient aux travers des panneaux de papier de riz et des peintures de tigres.

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